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Noël 91
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Mykonos
St Pierre
Fun Board
Corse
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PEINTURE
Tout à commencé au Noël 91.
 La location d’un logement sur la côte varoise en Aout 91, y fut pour beaucoup. Avec 2 enfants en bas age, nous avons provisoirement changé notre habitude de coucher sous la tente pendant les congés d’été pour essayer une location en demi-pension. Le grand trois pièces avait une vue magnifique sur la mer. Une grande terrrasse surélévée prolongeait le living-room en dominant la ville. Le choix de St Pierre sur Aude venait de sa proximité de Gruissan, spot bien connu pour la planche à voile. C’est d’ailleurs le seul été, ou nous avons eu plus de 20 jours de vent sur 30.

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 Etant en congé, nous dormions jusqu’au bout de la fraicheur de la nuit. Au matin, c’était un grand plaisir de prendre le petit déjeuner à l’extérieur quand  le soleil matinal nous chauffait gentiment sans trop nous cuire la peau. Nos journées se partageaient entre les marchés forains du matin et les après-midis plage. Arnaud, notre fils ainé, pris ses premiers cours de natation dans la piscine du Mickey-Club sur la plage. Alison, sa soeur cadette, restait le plus souvent à l’étage, dans la fraicheur bienvenue de sa chambre à l’ombre. Notre rythme suivait celui du vent qui variait tous les 3 jours. Trois jours de vent terrestre nous apportaient des nuages de coccinelles venues de l’arrière pays, ou seule la fraicheur du bord de mer était supportable. Le vent tournait ensuite pour nous venir de la mer. Il faisait bon de trainer à la plage sur nos serviettes et de pouvoir ensuite se rafraichir dans l’eau...
Jusqu’au moment ou tout est monté d’un cran.

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 De la belle brîse d’été à force 3, le vent s’est établi à force 5 (les branches des grands arbres bougaient toutes dans le même sens) pour ne plus jamais redescendre en dessous.
Comme il fallait s’y attendre, ma petite famille dûe aller seule à la plage située à 10 minutes à pied de notre logement. Le spot le plus proche était une retenue d’eau pluviale, alimentée par les infiltrations de la mer située juste derrière une
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étroite bande de sable. Cette mini-lagune de 5 km de long autorisait les rêves les plus fous car il était possible de sortir surtoilée sans prendre aucun risque. En effet, le run pour tirer un board durait maximum 10 minutes et en cas d’erreur lors du djibe, il ne restait qu’à rejoindre la berge à pied, pour repartir en beach-start aussitôt.
Sur la plage, les conditions changeaient aussi pour devenir inssupportables. Le vent  soutenu, levait le sable sur 10 centimètres de haut. Les grains de silice venaient alors cingler les baigneurs allongés au soleil. Le premier réflexe fut de s’abriter dans la petite crique rocheuse située à côté.
Mais la région n’avait pas finie de nous surprendre. Elle était connue pour héberger à quelques cinquantes kilomètres, les championnats du monde de vitesse en Fun Board. C’est ainsi que la Tramontane finit par bercer nos nuits. La lune éclairait les rideaux qui s’éloignaient de cinquante centimètres du sol alors que les portes et les fenêtres étaient claquemurées.
StPierre sur Aude
Après une semaine de navigation dont la moitié à force 10 (Avis de tempête), l’envie me prit de faire la sieste sur le canapé pendant les brêves relaches de vent de l’après midi. Notre voisin, dont j’ignorais l’existence, était un habitué des lieux. La terrasse baignée par la lueur matinale, se trouvait à l’abri des logements dans l’après midi. Lui le savait et avait apporté son chevalet pour peindre en toute sérénité. La lumière sans ombre qui éclairait sa toile, restait uniforme pendant la plus grande partie de l’après-midi. Il remballait huiles et pinceaux quand l’heure du dîner approchait. Les ombres sombres des maisons en s’allongeant sur le bitume, faisait perdre au paysage ses couleurs chatoyantes, pour le baigner d’une dominante uniforme orange.
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Et c’est ainsi lors de mes siestes inopinées, que je me suis remis à peindre. Je ne savais pas encore qu’un nécessaire complet de peinture à l’huile, atterrirait dans mes souliers de Noël. Pour l’instant, par mimétisme, j’avais envie de barbouiller des couleurs sur une feuille blanche.
Nos congés étant terminés, nous sommes rentrés en région parisienne pour reprendre nos activités. Durant mon temps libre, j’ai ressorti mes gouaches et crayons, en essayant de me rappeler les 5 ans d’histoire de l’art de mon adolescence. Me connaissant, ce retour inattendu vers le dessin, aurait dû s’arrêter là. J’aurais tenté de crayonner, puis de colorier puis de passer de la gouache aux alkyds en faisant un détour par l’aquarelle... Enfin un chemin pas simple, bien tortueux qui en général se solde par la perte d’envie de continuer.
Passer de quelques dessins d’enfant, directement à la peinture à l’huile me permit de franchir le pas. L’idée vient de ma femme, mais je ne l’a remercierais jamais assez pour cela. Avoir envie de peindre est une chose. Le faire réellement, en est une autre.

Le Grand Canal
Mes premiers essais furent sur le thème de Venise. Je tentais de peindre tout le grand canal sur un format A4. Aucun pinceau, même avec un seul poil, ne me permettait d’avoir les détails dont je rêvais. Doucement, j’ai doublé la taille de mes toiles. Mais il restait un problème à résoudre. Je faisais en moyenne 4 toiles en une seule. Comme cette plage des antilles, avec 1 palmier et une barque, 2 palmiers sans barque, 2 maisons sans plage, de jour puis de nuit, tout cela sur la même toile... Chaque modification venant masquer les précédentes !
Le toucher de la peinture à l’huile me convenait parfaitement. L’aspect mat ou brillant du tableau aussi. Par contre, la recherche du sujet parfait à mes yeux, m’empéchait de terminer mes toiles.
Je suis donc revenu vers mes premiers amours et les toiles de grands maîtres. Durant de nombreuses années, j’avais fait des retouches au pinceau sur des copies de maître. Avec le pétro-dollar, beaucoup de grands noms de la peinture, furent accrochés chez des particuliers. Les compagnies d’assurance ne garantissaient les tableaux que face à une sécurité maximale. Beaucoup d’originaux furent ainsi décrochés de leurs chassis pour être stockés et enroulés dans un coffre banquaire. Cette pratique courante est connue des grandes fortunes car c’est la façon la moins volumineuse pour stocker l’équivalent d’une tonne d’or. La seule autre alternative étant le timbre de collection... Beaucoup moins tape à l’oeil dans un salon. Les propriétaires légitimes devaient donc faire réaliser une copie à 100% tel pour venir remplir le chassis d’origine.
Van Gogh, le peintre qui m’avait fait découvrir mon goût pour les beaux arts, initia mes premières copies. Comme lui avait été ébloui par les couleurs des baux de provence, je fus séduit par les couleurs très saturées.
Après plusieurs séjours en Corse, mon inspiration se porta sur un artiste local, Quilici. J’ai ainsi reproduit plusieurs de ses toiles afin de réussir à m’imprégner de cette lumière méditerrannéenne. C’est d’ailleurs Gaugin qui avait mis cette évidence en avant, lui qui avait teminé ses jours aux marquises. “Lorsque l’on regarde les toiles d’un artiste vivant sous les tropiques à l’intérieur d’un musée, les experts mettent en avant la saturation des couleurs comme un choix de l’artiste”. Gaugin a rétabli la réalité en précisant : “Une toile réalisée sous les tropiques, se doit d’être regardée avec la même lumière”. En effet, même à l’ombre des palmiers, ces couleurs sur-saturées dans nos bureaux parisiens, deviennent des couleurs douces et harmonieuses dans la blancheur immaculée des iles lointaines.

Mykonos-Collection Privée
 Je réalisais toute une série de toiles sur les iles grecques que Quilici avait si bien illustré. Je m’inspirais de poster (60x80 cm) pour restituer le maximum de détails de l’original. Je ne visais pas la copie parfaite, ce qui en soit est un délit répréhensible par la loi quand la copie est à 100% tel la taille de l’originale.
Pour réaliser une toile de maître, il faut recréer l’univers dans lequel elle a été peinte et principalement la lumière dans laquelle baignait la toile quand elle était encore vierge. Cette lumière à reconstituer est d’ailleurs un champ commun aux peintres et aux phtographes (photographie en grec signifiant “écrit avec de la lumière”). Ensuite, une fois le décor planté, je restais plusieurs minutes devant la reproduction de l’original, pour comprendre comment l’artiste avait posé ses touches de peintures. Un objectif photographique fait une acquisition de la totalité. Avec la peinture à l’huile qui met plusieurs jours pour sécher en surface, il n’est pas question d’inverser l’ordre des plans. Les premières touches de peinture déposées sur l’enduit de la toile seront masquées ensuite par les détails ajoutés par dessus. Pour imager, nous pouvons dire que l’on peint les murs d’une maisons avant de mettre des fenêtres et des volets par dessus. La seule règle à ne jamais transgressée est :
“Il faut peindre gras sur maigre”.
C’est à ce moment là que la beauté de l’original reprend toute sa signification. Monet et “Le bassin aux nymphéas” fut mon premier vrai grand format (73x92 cm). De près, ce n’est qu’un magma de taches sans signification. Un zoom en gros plan ressemble réllement à de l’art abstrait. Réaliser cette toile constitua un tournant pour moi. Je m’étais promis de la terminer ou de ne plus jamais toucher un pinceau de ma vie. Comme mes amis étaient séduits par le résultats, ils m’encouragèrent à réaliser un autre grand format sur “Les nymphéas”. J’ai ainsi eu quelques sueurs froides car le coté abstrait est encore plus flagrant. J’ai gratté 4 fois la toile au couteau pour enlever ce qui n’était que des taches et absolument pas un basssin rempli d’eau avec des fleurs aquatiques.
Quilici me trottait toujours dans la tête. Je me suis déplacé dans sa galerie parisienne, située avenue Georges V. Quilici utilise un bleu très personnalisé à mon goût. Ce bleu a comme particularité de sécher avec un aspect brillant car il a été préparé ainsi par l’artiste. Et là, je parle d’un vrai secret. Ce n’est pas l’utilisation d’un vernis de finition qui donne l’aspect réaliste des toiles de Quilici. Cet empilement de brillance et de matité, Quilici la conçoit dès la conception des couleurs sur sa palette. C’est ce que je m’efforce de retrouver dans mes toiles. J’ai réalisé plusieurs fois le même tableau (tout comme Quilici) pour oublier le sujet et me consacrer uniquement au “toucher” des couleurs.
Et puis l’on voyage... L’oeil enmagazine des souvenirs que l’on a envie de coucher sur une toile. Mes travaux me plaisaient mais j’ai découvert tout à coup un point commun avec Giorgio de Chirico connu comme le peintre de la ville vide. En peinture, c’est comme en photo. Il y a deux grandes familles qui s’opposent. Il ya ceux qui mettent au centre du sujet l’être humain (portrait ou autre) et ceux qui le mettent autour du sujet (la ville) ou pas du tout. Faisant partie de la deuxième catégorie (je ne suis pas portraitiste), je me suis touné vers un autre artiste pour varier mes sources d’inspiration. Farel n’a pas capté mon attention de suite. Je cherchais d’autres artistes qui utilisaient la lumière méditerranéenne et la variété de ses couleurs. C’est en juxtaposant plusieurs toiles de Farel que l’on comprend mieux sa démarche. Une fois de plus, ce fut en Corse que j’ai eu l’occassion de voir plusieurs toiles de la même série, exposées à la Galerie du cours Napoléon. La femme sans visage occuppait les deux tiers dela toile à chaque fois. Ses tons bruns étaient très séduisants. Malgré la variété des tons, Farel n’utilise pas la “terre d’ombre” qui avait noircie deux siècles de peinture italienne.
La Feminite
* Les restaurateurs du musée du Louvre travaillent continuellement sur des toiles de maîtres qui ont utilisé cette “terre d’ombre” sans en connaitre les effets. Les terres sont agréables à utiliser car elles changent d’aspect suivant que nous les allongeons de vert sombre pour peindre l’eau d’un canal, ou de blanc pour rendre l’aspect d’un crépi sur le mur d’une maison. Malheureusement, ce pigment fait remonter à sa surface une partie de son composant en séchant. Avec le temps, ce composant se durcit avec la lumière. Il se met à craquer. Il s’obscurcit au point de devenir noir, empéchant de voir la nuance colorée qui est en dessous. Je n’utilise jamais de “terre d’ombre” dans mes tableaux.
La série Féminité m’a permis de valider mon choix de travailler sur un format tournant autour du (80x100) centimètres. Par contre, j’ai les plus grandes difficultés à rendre les différents tons. Je me suis rendu compte que lorsqu’une toile n’évolue pas comme je veux, je me rabats sur le bleu pour équilibrer le tout. Et là, avec Farel, pas de bleu !!! Sans parler des tons chairs qui doivent être posés en une seule fois dans le frais.
Pour l’instant, je marque une pose dans mes travaux. J’espère qu’il y aura une suite à ce mémo. Cela dépendra du feedback que j’aurais sur le site en ligne.